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Thème des XLIVèmes Rencontres
Maîtriser la croissance?
Plus que jamais, notre monde est un monde en expansion. On le voit
bien par l’empire qu’ont les indicateurs quantitatifs dans notre paysage
mental: il est question de l'augmentation du nombre des êtres
humains, de la taille de l’économie mondiale, de la consommation de
masse et de son pendant qu’est l’utilisation des ressources naturelles,
du dynamisme de la production scientifique, de la multiplication des
informations et des réseaux.
La croissance générale du monde moderne a donné lieu dès le
départ à deux attitudes. D’un côté, l’alarme devant ses conséquences :
c’est Malthus pointant du doigt le trop plein d'hommes, et vers la fin du
dernier siècle le Club de Rome annonçant la fin des ressources ;
de l’autre, la confiance dans la capacité de l’homme à maîtriser son
destin : Adam Smith, Auguste Comte et Marx ont, chacun à leur
manière, cru à la capacité de l’espèce humaine à développer le monde
pour le bien de tous.
La croissance crée des tensions et des dilemmes. Elle engendre de la
créativité, de la liberté, de la richesse, du bien-être matériel et social.
Elle produit également des inégalités, des contraintes, des crises
cycliques, de la rareté et encore et peut-être surtout un épuisement de
la planète. Faut-il maîtriser la croissance du monde? Et le peut-on?
Telles sont les questions que les Rencontres internationales de Genève
mettent à l’ordre du jour de leur session 2011.
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