24-27 septembre 2018 : Exils et refuges

Exils et refuges - RIG 2018 - ©Javier De Isusi - 1920x550

Devant la cité lémanique — jadis ville du refuge huguenot et aujourd’hui siège du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés — la 51e session des Rencontres internationales de Genève revient sur notre monde épuisé. Celui que blessent les exils et les refuges des femmes, des hommes et des enfants qui fuient la misère, la précarité sanitaire, les guerres, la violence politique, les atteintes aux droits de l’Homme, le nettoyage ethnique et le dérèglement climatique. Les attendent l’administration et la police des camps et des centres de rétention que clôturent — parfois dès la frontière — les murs barbelés et électrifiés pour intimider les flux de l’exil. Tentes, baraques, caravanes, containers, immeubles ruinés, friches industrielles, abris militaires : du campement précaire au cantonnement solide pour humains déplacés, les abris du déracinement se muent en « camps-villes ». Les ghettos du malheur planétaire génèrent la générosité des associations humanitaires, mais aussi le populisme et la xénophobie des enracinés que panique le « débordement » migratoire et identitaire.

À la fin 2016 — dont en leur pays — plus de 65 millions d’humains sont recensés comme déplacés contre leur gré (HCR), soit le chiffre de la population française. Nombre inouï de l’exil forcé pour 20 personnes chaque minute ! Parmi eux — meurtris par le malheur individuel et collectif — 22.5 millions de réfugiés appauvris ont gagné l’étranger. Entre le tombeau abyssal de la Méditerranée, les circuits maffieux du trafic d’êtres humains et le durcissement universel des lois nationales contre les étrangers, la « nation des exilés » constitue en 2018 le 21 pays du monde — avant le Royaume-Uni ou l’Afrique du Sud.

En 2016 et 2017, les RIG accueillent des écrivains prestigieux pour évoquer la force de l’imagination et de la littérature face au recul de l’humanisme. En septembre 2018, nos invités repenseront les réalités sociales, démographiques, culturelles et anthropologiques du « nomadisme forcé ». Mobilisé par les « exils et les refuges » comme creuset du multiculturel, l’État de droit est lié aux traditions égalitaires, juridiques et démocratiques de la solidarité et de la fraternité issues des Lumières. Sur notre horizon d’attente : la nouvelle utopie du cosmopolitisme bienveillant dans la « mondialisation humaine ».

Michel Porret
Président des Rencontres internationales de Genève

Retrouvez le programme complet ici !

RIG-affiche-2018-exils-et-refuges-De-Isusi-Chris-Gautschi

Affiche RIG 2018
“Exils et refuges”
Dessin ©Javier de Isusi (Bande-dessinée “Asylum”)
Graphisme : Chris Gautschi